Après une bonne nuit de sommeil, nous allons prendre le petit déjeuner. Il est sommaire mais chacun y trouve son compte : toast confiture et riz indonésien. Quand Franck va payer pour les nuits suivantes, ils nous annoncent que nous ne pouvons pas rester deux nuits de plus. Les raisons invoquées ne tiennent pas la route et nous ne comprenons pas le pourquoi de cette interdiction. Nous pouvons rester une nuit de plus mais pas davantage, ou en tout cas pas à notre étage. Si nous voulons rester davantage, nous devons changer d’étage et donc payer plus cher. Nous décidons alors de changer de chambre aujourd’hui même. Adrien est déçu car nous devions aller à la mer mais étant donné qu’il nous faut libérer la chambre avant 13 heures, nous n’avons guère le choix. Nous allons quand même voir la mer et nous posons sur le sable pour lire notre Lonely. Nous nous faisons rapidement remarquer par des femmes proposant des massages, de la manucure, des tresses, des bijoux. Et il nous est difficile de nous concentrer sur notre Lonely entre Adrien qui répète inlassablement : « Mais pourquoi on va pas à la mer tout de suite ? » et les vendeuses qui nous vendent leurs services et produits.
Un surfeur vient nous proposer des cours de surfs. Il a l’air sympathique et nous lui disons que pour l’instant nous cherchons une chambre. Il nous conseille certains d’entre eux. Nous repartons même avec lui pour faire la tournée des hôtels. Nous ne lui avons pourtant rien promis concernant ses leçons de surf. Contrairement aux autres pays, nous ne ressentons aucune agression. Les gens sont vraiment très agréables et nous avons en une journée fait autant de connaissances qu’en un mois dans les autres pays. Après plusieurs hôtels visités, nous réussissons à lui faire comprendre que nous ne souhaitons pas qu’il perde son temps et que nous pouvons continuer seuls. Nous avons vu des chambres à la propreté douteuse et bien plus chères que celles que nous avons. Nous continuons notre périple, entre temps Franck se renseigne sur les excursions possibles. Cela fait bientôt deux heures que nous tournons ainsi. Certes la rue est agréable, avec des petites boutiques de souvenirs fort plaisantes mais nous commençons à en avoir assez. Nous décidons alors de rester une nuit de plus à notre hôtel et que pour la suite, nous verrons plus tard. Là il est grand temps de déjeuner rapidos pour pouvoir aller à l’eau. Un homme voyant que nous cherchons quelque chose nous demande s’il peut nous aider. Il nous conseille un restaurant dans lequel il n’a pas d’intérêt et qui s’avérera délicieux. Nous retournons à l’hôtel pour payer la nuit. Là nous cherchons quand même à avoir d’autres explications. Nous n’avons rien à reprocher aux employés qui sont de bonne volonté mais le patron (qui ne daignera pas venir nous parler) semble être un abruti fini. Enervés, nous souhaitons finalement libérer la chambre là tout de suite. Bien sûr l’heure du check out est maintenant largement dépassée et ils nous demandent de régler un supplément. Là nous posons les choses clairement et fermement : soit nous pouvons rester deux nuits de plus et nous les payons sur le champ, soit ce n’est pas possible et nous partons là tout de suite en payant une nuit et rien de plus. Et comme par hasard, après avoir appelé le patron, ils nous annoncent que nous pouvons rester deux nuits. Dire que nous avons perdu tout ce temps pour en arriver là. Franchement, tout cela est ridicule. Pendant que Franck va chercher de l’argent, les enfants et moi allons à l’eau. Sarah s’installe à l’ombre, près d’un cocotier et continue la lecture de son livre. Son bobo - parce que maintenant on ne parle plus de blessures mais de bobo - n’étant pas totalement sec, elle ne peut malheureusement pas encore aller à l’eau. Adrien qui avait trempé ses pieds le matin s’était bien gardé de me dire que l’eau était froide. Etonnant quand on connaît la température extérieure (30°C). Il n’est pas possible de nager dans la mer, il faut marcher longtemps avant d’avoir de l’eau jusqu’à la taille. Le principal intérêt ici c’est le surf. La plage est remplie de surfeurs. Nous demandons à Hamza (le moniteur de surf rencontré le matin) de nous louer une petite planche toute molle. J’explique à Adrien comment l’utiliser. L’attache est large et je suis obligée de l’attacher sur le haut de son bras pour qu’elle tienne. Les vagues sont ici impressionnantes et il est préférable d’y prêter attention. Il y a également beaucoup de courants et nous devons sans cesse remonter pour ne pas dériver. Adrien hurle de plaisir tout en réalisant bien vite que c’est aussi très physique. Allongé sur sa planche (il s’agit pas de se mettre debout pour l’instant), les vagues l’emportent jusqu’au rivage. Sauf que pour ressentir le plaisir de la glisse (qui ne dure que quelques secondes en plus), il faut refaire le chemin inverse, la planche surélevée. Nous sommes impatients de voir Franck sur sa planche. Au début nous devions prendre un cours tous les deux mais la puissances des vagues est telle que rien qu’avec le petit surf d’Adrien, je perds mon maillot à chaque fois et étant donné notre garde robe limitée, je n’ai même pas un short à mettre. Alors tant pis pour le surf. Nous suivons de loin la leçon. Franck se débrouille super bien et arrive à se mettre debout sur la planche. Il a l’air de s’éclater littéralement et c’est vrai que c’est grisant. Adrien ayant froid (depuis un moment déjà mais il résistait ne voulant lâcher sa planche), je le ramène sur la plage pour qu’il se réchauffe. Sarah qui n’a pas levé le nez de son livre qui la suit maintenant partout, réalise qu’elle n’a pas vu son père faire du surf. Nous partons toutes les deux pour le suivre de plus près. « C’est lui là bas avec la planche rayée ? Ah ouais, c’est super !! ». Après une journée à Bali, Franck veut y passer toute sa vie. Il ne tarit pas d’éloge sur Bali et ose même me dire que Bali concurrence sérieusement la Martinique. Alors j’attendrais pour me prononcer. Mais oui Bali c’était ma destination préférée du tour du monde et oui c’est au moins aussi super que la Martinique. Et oui on reviendra.
Comme nous sommes à J-1 de la Coupe du Monde, nous avons décidé d’acheter des maillots de football. Ils en vendent partout ici. Nous ne tardons pas à nous faire remarquer avec le maillot Zidane taille 8 ans. Parce que les vendeurs se connaissent entre eux, partent en moto pour trouver le dit maillot. Nous en avions repéré un le matin mais le trouvant un peu cher (nous réaliserons plus tard qu’il n’était pas cher), nous avions continué notre chemin. Le soir quand nous revenons le chercher, le vendeur est désagréable et refuse de nous le vendre au prix annoncé le matin. Très croyant, il se proposait de nous le vendre moins cher pour que cela lui apporte de la chance, ç’aurait été sa première vente du matin. « For good luck ». Nous n’avions pas perçu l’importance de la chose, nous en excusant mais son attitude butée et obtue nous laisse perplexe et nous repartons sans le maillot. Nous ne souhaitons pas avoir uniquement des maillots français : Franck trouve cela un brin trop patriotique et les français pouvant nous surprendre dans un sens comme dans l’autre, si nous voulons nous passionner jusqu’au bout pour la Coupe, il est préférable de miser sur d’autres pays. Adrien ne démord pas de son Zidane. Sarah qui aurait adoré que nous allions au Brésil choisit Ronaldinho. Personnellement j’aurais choisi Ronaldo mais Franck trouvait que Ronaldhino était plus dans le vent. Frank choisit l’Argentine (excellent choix) et le jeune joueur qui fait la une en Argentine, Messie. Rendons justice au vendeur qui nous a parlé de lui. J’ai choisi la France (quand même, faut y croire) avec Henry. Franck et Sarah ont d’ores et déjà leur maillot, avec en prime le short pour Sarah. Nous attendons demain pour récupérer les deux autres dans une autre boutique (il manquait le fameux Zidane qu’ils auront en principe demain).
Au dîner, nous pouvons bénéficier de l’happy hour. Nous essayons de faire attention aux dépenses et limitons les boissons en tout genre mais comme c’est l’happy hour, nous pouvons trinquer à la toute première leçon de surf de Franck. Franck se prend une bière, je goûte la liqueur de Bali (Arak attack) et Sprite et Coca pour les enfants. Les enfants se prennent un nasi goreng, riz indonésien qu’Adrien avait choisi la veille et que nous appelons le riz d’Adrien.
Un français arrivé le jour même vient spontanément nous parler. Il nous a pris pour des expatriés : et là on est fier parce que ça veut dire qu’on a adopté le style local. Il est vrai qu’avec mes nattes blondes, le crâne rasé de Franck et les enfants qui ont l’air super à l’aise, on ne fait plus du tout touristes. Nous en profitons pour lui demander le nombre d’heures de vol depuis la France. Comme il y a une escale obligatoire à Bangkok ou à Hong Kong, il faut compter 20 heures. Ah oui quand même… Et un point pour la Martinique !!
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