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THAILAND

Dimanche 16 avril 2006

Cette fois-ci, je suis réellement malade. Je reste au lit toute la journée, mon estomac n’a pas dû supporter notre dernier dîner. Je descends simplement le soir au restaurant de l’hôtel pour dîner (ce qui d’ailleurs n’a pas été l’idée du siècle). Franck et les enfants sont allés à la poste pour expédier nos souvenirs. Et nous comprenons mieux pourquoi nous avons tant peiné avec notre excédent de poids ces deux derniers jours. Mine de rien, le colis pèse 27 kilos !!! Nous récupérons nos visas pour la Chine : un visa de moins à faire. Le soir, après dîner, nous faisons une démonstration de notre nouveau jeu d’échecs aux enfants.

Miracle, pour la première fois, les enfants ne nous réveillent et nous laissent dormir. Ils se sont certes réveillés sur le tard mais n’empêche qu’ils sont restés jouer sagement dans leur chambre au lieu de venir comme d’habitude tambouriner à notre porte. Nous sommes même inquiets de ce long silence. Vu l’heure tardive, nous sautons le petit déjeuner pour déjeuner directement. Je n’ai plus de vertiges et j’ai meilleure forme mais je ne souhaite pas renouveler l’expérience d’hier soir, alors ce sera bol de riz et coca jusqu’à nouvel ordre.

Les enfants apprécient le cadre du guest-house. Il est vrai qu’après l’Inde, tout nous semble d’une propreté irréprochable. Ici, les chaussures sont interdites, aussi ils traînent en permanence nu-pieds. Les gens leur offrent des bonbons (des haribos à la réglisse) et ils sont heureux de découvrir un vieux guide du routard en français. Notre lonely planet que nous avons acheté en Inde est en anglais et ils étaient déçus de ne pas pouvoir le lire (sachant qu’il n’avait pas jeté un œil à notre guide d’Afrique du sud, pourtant en français). Depuis le Nord de l’Inde, ils ne se contentent pas de nous suivre en demandant ce qu’on va faire mais s’impliquent davantage en lisant des choses et en nous en faisant part.  L’après- midi, nous travaillons sur la suite du voyage. Nous optons pour un séjour détente qui nous fera le plus grand bien. Nous quitterons Bangkok sitôt les passeports avec les visas nécessaires récupérés et prendrons un bus qui nous amènera sur une île au bord de la mer. Au programme, détente, bain de mer, devoirs pour les petits, massages pour les grands, trekking à dos d’éléphant. Nous aimerions bien choisir un endroit sans malaria, nous avons une petite préférence pour Ko Chang qui semble réunir tous les ingrédients nécessaires à un agréable séjour. Les éléments dénichés sur internet étant incomplets, nous envoyons un mail à l’Institut Pasteur pour en avoir le cœur net. Franck lui aussi a une petite forme, il semblerait que nous subissions le contre- coup de notre séjour en Inde. Franck part avec les enfants pour essayer de trouver une autre agence de voyages qui se chargerait de nous procurer les visas pour le Vietnam et éventuellement le Cambodge à un prix plus intéressant. Je reste au calme en espérant que deux jours à hiberner me remettront d’attaque car entre nos passeports en attente dans une ambassade et moi malade, nos sorties s’en trouvent quelque peu limitées. Par rapport au rythme trépidant d’Inde, ça nous change. J’en profite pour préparer la suite des leçons pour Adrien.

 

 

Par Maël
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Dimanche 16 avril 2006

On ne peut pas dire que ce soit la grande forme mais nous décidons de nous activer un peu afin de découvrir Bangkok. Nous aurons notre visa pour le Vietnam lundi soir et celui du Cambodge mardi soir. Notre guest- house qui s’en occupe nous facture le même prix pour tous et n’applique aucune réduction pour les enfants comme c’est le cas depuis la France. Nous n’avons aucun moyen de vérifier cela et si nous nous rendons nous-mêmes aux différents consulats, nous n’aurons pas nos visas dans les temps. Mercredi c’est le début du festival de l’eau et toutes les ambassades ferment leurs portes pendant 5 jours, nous pouvons alors nous estimer heureux de pouvoir récupérer tous nos visas juste avant cette date. Montant de l’opération : 500 euros.

 

Il est déjà 13 heures (nous traînons beaucoup trop le matin) quand nous quittons la guest-house pour nous rendre en tuk-tuk au musée national. Ah oui, le tuk–tuk, c’est la version thaïlandaise de nos bons vieux rickshaws. Nous les retrouvons avec beaucoup de plaisir, en plus décorés et surtout nettement plus safe. Parce qu’ici, le code de la route existe et il est respecté.

 

Le musée est immense et la galerie principale nous explique l’histoire de la Thaïlande. Il y a de nombreuses maquettes et les explications fournies sont excellentes. Comme toujours, nous prenons un temps fou à tout lire, tout observer. Nous décidons de presser un peu le pas pour voir les autres galeries. Pour nous rendre au temple de Bouddha (toujours dans l’enceinte du musée), nous sommes sous une pluie orageuse. Nous décidons de laisser nos chaussures trempées à l’entrée pour continuer le reste de la visite nu-pieds. Nous sommes les seuls à nous balader ainsi.

Après le musée, nous allons à Kao San Road, la rue la plus touristique de Bangkok. C’est là que nous pensions loger au début mais nous n’avons pas réussi à retrouver la fameuse Prasuri guest- house. Franck et les enfants y sont allés la veille mais c’est aujourd’hui que je la découvre. Nous n’avons jamais vu autant de touristes depuis notre départ. Je freine tout le monde pour ne rien acheter, je ne tiens pas à renouveler tout de suite l’opération des 27 kilos de souvenirs à transporter. Nous prenons un verre en terrasse, achetons aux enfants (les seuls à ne pas être malades) une mangue découpée devant nous. Puis ce sera la ballade dans les échoppes plus que nombreuses. Le contraste avec l’Inde est ici plus que saisissant. Mini-jupes de chez mini-jupes et chemises ouvertes, ventre à l’air sont au programme. Et même moi qui suis une adepte de la mini-jupe, j’ai du mal à m’y faire. Si nous n’avons pas ressenti de choc en Inde, en arrivant ici, nous sommes catapultés dans un tout autre monde. La liberté affichée dans les vêtements alors que nous ne sommes pas dans une station balnéaire est importante. Nous apprécions de pouvoir flâner ainsi sans se préoccuper de l’heure fatidique du paludisme. Pour quelques jours, nous voilà l’esprit tranquille sans vêtements longs, sans se mettre de produits anti- moustiques. Au bord de la route, des tatoueurs en tout genre, des coiffeurs d’un soir qui font tresses et nattes, des marchants ambulants de nourriture. Adrien trouve cela rigolo et me demande si, ici, on a le droit de faire tout ce que l’on veut et si je compte moi aussi m’acheter des jupes aussi courtes. Un peu plus loin, je lui montre une marchande d’insectes. Depuis que Mamie lui a dit que c’était bon pour la santé et surtout depuis qu’il sait que Marianne et Vincent C. en ont mangé eux aussi il y a tout juste 1 an au même endroit, il a envie de vivre cette expérience. Il essaye de m’embarquer dans cette folie parce qu’il est tenté par les scorpions mais se demande si les pinces se mangent ou pas. Voyant qu’aucun de nous ne souhaite le suivre dans cette aventure, il hésite. Je finis par lui dire qu’on reviendra demain et que je demanderais à la dame comment cela se mange. 

 

Et le plus beau pour la fin, la nouvelle du jour : la Bangkok mania a fait une première victime au sein de la famille. Franck s’est fait faire des dreads locks ( red box comme dit Adrien) !!!!! Il hésitait et je l’ai un peu, beaucoup, énormément poussé parce que c’est l’occasion ou jamais (c’était cela ou le crâne rasé…). Et ça lui va super bien. Après la coupe courte chez le coiffeur tamoul, reste simplement à savoir combien de temps elles vont tenir. Espérons aussi que ça ne posera pas trop de problèmes aux passages terrestres avec les frontières parce qu’entre la barbe et les dread locks, la photo sur le passeport n’évoque plus grand-chose. Sarah avait un peu peur du résultat parce qu’elle ne voulait pas d’un autre papa et puis après les deux heures de coiffage, elle a fini par dire : «  ouais, ça va, ça te va bien finalement ».

 

Notre rasta man sait déjà qu’il ne coupera pas à la photo sur le site avec sa nouvelle coiffure in the wind.

Par Maël
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Dimanche 16 avril 2006

Nous allons visiter Wat Phra Kaew & Grand Palace. Endroit impressionnant où tout brille de mille feux. La Chapelle royale du Bouddha d’Emeraude est magnifique. Même si nous trouvons les dorures et parures qui ornent les monuments bien trop scintillantes, nous passons plusieurs heures à admirer toutes les merveilles que recèle le Grand Palais.

 

Etant donné que notre état de santé ne s’améliore pas et que nous avons chacun mal au ventre depuis environ 2 semaines, nous préférons consulter, d’autant que s’il y a un endroit où se faire soigner en Asie du sud-est, c’est bien ici, à Bangkok. Nous appelons le consulat, leur signalons notre présence sur le territoire et récupérons l’adresse d’une clinique privée. Nous débarquons en tuk-tuk dans une clinique telle que l’on pourrait l’imaginer dans le futur. Nous avons davantage l’impression d’être dans un hôtel haut de gamme qu’autre chose. L’accueil est cérémonieux, nous sommes littéralement pris en charge. Les enfants font le bonheur de tous, nous sommes félicités parce que les hôtesses (c’est le mot) les trouve charmants et bien élevés. Elles n’étaient pas là pour voir Adrien tombé dans la mare aux nénuphars ce matin même, ni Sarah venir pendant notre consultation nous avertir avec désarroi que son chemisier perdait ses petites perles colorées. Mais nous leur rapportons néanmoins le compliment, compliment dont ils sont très fiers.

 

Nous en profitons pour demander à voir un pédiatre pour Adrien qui tousse depuis quelques jours avec une très légère fièvre. Même traitement qu’en Afrique du sud, 5 jours d’antibiotiques. Nous apprenons au passage qu’il a grandi et qu’il a pris 2 kilos. Mais étant donné tout ce qu’il mange depuis l’Inde, nous ne sommes guère étonnés et très contents qu’il ait pris un peu de poids.

 

Franck et moi voyons un gastro qui diagnostique une Giardasis : parasite intestinal contenu dans l’eau ou dans la nourriture souillée par l’eau. Le gastro s’étonne que nous n’ayons pas consulté avant mais il est vrai qu’il y a eu aggravation seulement depuis notre arrivée à Bangkok. Comme les enfants n’ont rien, nous soupçonnons le thé dont l’eau n’aurait pas été suffisamment bouillie. Les antibiotiques sont inévitables, tout devrait rentrer dans l’ordre dans une semaine. Dans l’histoire, Franck a perdu 7 kilos et moi 5. Bonne chose en soi sauf que nous comprenons mieux la fatigue générale des trois derniers jours.

 

Et puis comme nous sommes finalement bien souvent dans l’excès, Franck, soupçonnant une infection dentaire voit un dentiste. Il avait bien vu et gagne en prime un lot d’antibiotiques.

 

Le dentiste se voyait déjà lui arracher une dent là tout de suite.

 

Nous repartons avec trois petits sacs cartonnés comme si nous venions d’acheter une montre dernier cri dans un grand magasin.

 

 

Nous rentrons fatigués, dînons tôt : les enfants et moi affectionnons le plat thaï national à base de nouilles de riz. Nous devons surveiller Franck pour qu’il laisse tomber piments et assaisonnements. 

 

Les enfants échappent aux devoirs, nous sommes trop lessivés pour faire les leçons, mais on s’entend pour rattraper tout ça au bord de la mer. Je mets là un bémol parce que le départ vers la mer est prévu pour mercredi mais nous n’avons pas encore tranché sur la destination.

 

Par Maël
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Dimanche 16 avril 2006

Très certainement la journée la moins intéressante du tour du monde. Notre séjour en Thaïlande n’a pas commencé sous les meilleurs auspices et nous sommes plus que jamais convaincus que la fatigue et la maladie sont les pires ennemis dans un périple tel que le nôtre. La fatigue accumulée de façon insidieuse nous a fait perdre nos réflexes. Si au moins l’un de nous avait la forme, les choses auraient été différentes. Nous aurions eu le punch pour négocier comme il se doit nos trajets en tuk- tuk, nous aurions appelé les consulats pour nous renseigner sur les prix des visas pour les enfants, nous n’aurions pas tergiversé autant pour choisir notre destination balnéaire, nous aurions réservé notre séjour à la mer. Peut – être aurions nous dû en profiter pour faire la fameuse journée inversée !!!

 

Résultat des courses : nous avons passé toute la journée à essayer de trouver un hôtel sur l’île de Ko- Chang. Et après plusieurs coups de fil infructueux, après être tombé sur des hôteliers qui ne parlaient que le thaïlandais, nous avons perdu patience. La jeune femme de la guest house nous a d’ailleurs bien secondé mais étant donné que c’est le festival de l’eau et que toute la Thaïlande est en vacances, les hôtels affichent complets. Premier coup dur depuis le début du tour du monde, premier découragement. Heureusement, les enfants se montrent compréhensifs, ils sentent que ce n’est surtout pas le moment de nous fatiguer davantage. Ils se contentent d’évoluer à leur gré dans la guest-house où tout le monde leur montre de la sympathie, mangent les haribos qu’on leur offre, font connaissance avec une française. Bref se montrent en tout cas plus compétents que nous.

 

 

Nous faisons le point, posons les choses. Ça ne sert à rien de se lamenter. Jusqu’à présent, nous avons su faire face aux imprévus, nous avons su nous adapter. Alors plutôt que de ruminer et de s’en vouloir, faisons en sorte que le reste de notre séjour nous plaise. Une chose est sûre, nous voulons de la mer alors changeons de destinations. Ce sera Hua- Hin, station balnéaire des Thaïlandais à 3 heures 30 de Bangkok. Nous avons de la chance, nous trouvons rapidement un hôtel tout près de la mer. Nous annonçons la bonne nouvelle aux enfants, le départ est prévu pour demain. Nous croisons les doigts pour que nous retrouvions la pêche rapidement.

 

Par Maël
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Dimanche 16 avril 2006

Enfin nous quittons Bangkok, non pas que nous n’aimions pas la ville mais rester aussi longtemps au même endroit (notre record) commençait à nous déplaire, d’autant que nous y repasserons pour rejoindre le Cambodge.

 

Le voyage en bus est agréable, rien à voir avec les bus indiens. En descendant du bus, un tuk- tuk nous demande 100 Baths pour nous déposer à l’hôtel, beaucoup trop cher quand on sait que l’hôtel est à peine à 1 km. On nous indique le chemin et nous décidons de marcher. Nous prenons deux chambres, l’une en face de l’autre. Elles sont identiques, comme ne manquent pas de nous le faire remarquer les enfants (ils s’étonnent toujours que nous choisissions la plus grande !!). Adrien nous pousse pour que nous puissions aller à la mer, là tout de suite. Nous mettons les maillots et profitons de notre premier bain dans le Golf de Thaïlande. Certes nous aurions préféré une eau transparente (comme à Ko- Chang) et il est difficile de retrouver la plage du Carayou, notre hôtel en Martinique. Mais voyons ce que nous avons : une zone free malaria, une très grande plage avec une eau bouillante. J’insiste : nous ne nous sommes jamais baignés dans une eau aussi chaude. Les enfants s’en donnent à cœur joie.

 

Deux choses nous dérangent néanmoins, les rochers tranchants et les méduses qui sont sur le rivage. Il est déjà tard alors le bain est rapide mais salutaire.

 

Nous dînons thaïlandais dans un des nombreux restaurants de la ville. Parce que le festival de l’eau commence demain, des vendeurs à la sauvette proposent des pistolets en tout genre. Les enfants ne manquent pas de les remarquer. Adrien ne lâchera pas le morceau pendant tout le repas parce que nous avons fait le malheur de demander les prix alors il sent bien que notre non de tout à l’heure n’est pas aussi catégorique. Sarah qui se montre par moments trop raisonnable, essaye de dissuader son frère : « ils sont beaucoup trop gros, on ne pourra jamais les transporter, je te rappelle qu’on fait le tour du monde ».

 

Il est vrai que notre principale hésitation vient de cela, nous savons que sitôt utilisés, nous devrons les abandonner, faute de place. Car ils sont très volumineux, rien à voir avec les petits pistolets que nous connaissons. Nous finirons par craquer (surtout moi) parce que ce serait dommage de s’en priver alors que c’est la fête ici mais en négociant le prix un peu quand- même. Sarah qui n’osait pas en réclamer un est plus que contente, surtout quand quelqu’un dans la rue lui propose de le remplir pour elle. Et il n’est pas difficile de savoir quelles seront leurs prochaines victimes. Le bisous nous remerciant est déjà bien loin, nous sommes arrosés en pleine rue. Et étrangement, nous devons les pousser pour qu’ils arrosent d’autres personnes. Ils en meurent d’envie mais n’osent pas puisque ça ne fait pas partie de nos us et coutumes. L’intimidation première s’estompe et laisse place à une véritable bataille d’eau quand ils se feront arroser par d’autres. L’interdit est totalement levé, la fête peut commencer. Ils se font repérer par un groupe qui est à la terrasse de l’hôtel situé juste en face du nôtre.  Fatigués nous montons à la chambre, les laissant jouer le temps que la réserve de leurs pistolets s’épuise. Franck est obligé de redescendre les chercher, je les retrouve trempés de la tête aux pieds et complètement surexcités. Quelque chose me dit que nous avons dû trouver le sommeil avant eux.  

 

 

Par Maël
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