OK on se la coule douce mais pas autant qu’on pourrait. Adrien voudrait aller à l’eau dès son réveil et comme il a très bien compris que je le suivrais sur ce coup là, il me tend tous les matins depuis deux jours la montre (parce qu’il a appris à l’heure cette année) en me disant sur le ton de la confidence : « il est tard, très tard, déjà 8h15 ». Sous entendu, allez réveille Papa pour qu’on aille à la mer. Notre montre mérite quelques lignes. Le fameuse montre tour du monde achetée en solde chez Décathlon qui a failli finir dans les toilettes d’un train indien lorsque le bracelet a cédé. Depuis, dépourvu de son bracelet, nous avons manqué de la perdre une bonne centaine de fois. Tout le monde a essayé de se l’attribuer et résultat des courses, comme personne ne savait jamais où elle était, elle s’est offerte un petit tour en machine à laver à Los Angeles. Mais elle a tenu bon et fait l’objet d’une attention démesurée, chacun souhaitant qu’elle rentre à bon port.
Ceci dit, revenons en aux choses sérieuses. Suite à une grande discussion, nous en sommes arrivés au fait suivant : nous ne profitons pas assez de la mer. Entre les heures perdues entre midi et 16 heures, les réveils tardifs et les pauses repas qui n’en finissent pas, il ne reste pas beaucoup de temps pour profiter de la mer. Alors qu’on se le dise, demain et après-demain, nous n’aurons rien à raconter sur le blog parce que ce sera, mer, mer et mer.
En attendant, alors que nous allions prendre un taxi pour visiter la ferme des tortues, nous croisons un type qui nous propose de faire du snorkeling. Nous hésitons, finissons par trouver chaussures à nos pieds et partons pour quelques heures faire du snorkeling. Bien entendu, l’idée de payer une excursion pour faire du snorkeling m’a toujours un peu étonnée mais avec les enfants, pourquoi pas d’autant qu’une halte dans le sud de l’île permettant diverses activités (dont la ferme aux tortues) est possible.
Et comme on s’y attendait un peu, on peut difficilement appeler ce que nous avons fait du snorkeling à ceci près que les fonds marins étaient éblouissants. Il aurait fallu simplement y rester plus longtemps pour observer la faune et la flore. Sarah nous attend dans le bateau (à cause de son problème à l’oreille) pendant que nous partons explorer.
Dès le début, nous nous faisons remarquer en étant à la traîne. Forcément, le masque d’Adrien est trop grand, l’eau rentre dedans et puis essayez de nager avec un gilet de sauvetage et vous comprendrez. C’est une obligation légale de garder son gilet afin de ne pas détruire les fonds marins. C’est sûr qu’endimanchés comme nous étions, nous pouvions difficilement aller sous l’eau. Nous montrons notre mécontentement (on n’est pas français pour rien) mais la loi, c’est la loi et puis le but est plutôt louable. En tout cas, nous avons néanmoins pu voir énormément de choses. La ballade se poursuit à la ferme des tortues.
Une toute petite ferme où sont élevées différentes espèces de tortues et ça, les tortues, on adore (enfin les enfants et moi). Et le clou du spectacle : après notre déjeuner improvisé de chips sur la plage, nous avons touché un requin. Je dirais même plus : nous étions dans l’eau avec la bête. Nous y sommes tous allés, d’abord Franck avec Adrien puis Franck et moi mais Sarah refusait catégoriquement de le faire. Elle a la phobie des requins et sa blessure de méduse n’a pas arrangé les choses mais déjà avant, elle redoutait la présence d’un requin dans la mer. Mais fait étrange, le seul endroit où elle est entrée dans l’eau sans se poser de questions, c’était en Afrique du sud (alors qu’elle savait qu’il pouvait y en avoir !!). En tout cas, c’est ici, à Isla Mujeres, qu’elle a surmonté sa peur avec brio Au début, elle ne voulait pas et nous n’avons pas insisté. Nous sommes partis nous baigner et un peu plus tard, elle a émis l’envie de toucher le requin. Bien entendu, juste au moment où nous devions retourner dans le bateau. Qu’importe, nous ne pouvions pas laisser passer cela, tant pis, le bateau devra nous attendre. Nous courons à l’embarcadère pour faire la queue (avant qu’elle ne change d’avis) et quelques minutes plus tard, elle était dans l’eau, à côté de Franck, le requin dans les bras. Et là on était tous super contents car on devine aisément l’effort que ça a dû lui coûter.
En soirée, au bar de la piscine, nous trinquons à Sarah (qui là, nous la joue, « faut pas exagérer, c’était pas si terrible que ça »). Rebelote le soir dans notre restaurant préféré autour d’un ceviche.
La journée d’aujourd’hui ressemble étrangement à celle d’hier : farniente, plage, piscine, carnet de voyage. Et la détente est telle que nous envisageons de moins en moins de changer d’endroit. Nous ne supportons pas de rester longtemps au même endroit et nous ne l’avons fait que quand cela s’imposait. Le changement régulier fait partie intégrante du voyage dans la mesure où c’est la seule façon de voir des choses. Mais nous nous rendons à l’évidence que partir d’ici pour une autre station balnéaire n’apporterait rien de plus à notre voyage. Nous sommes certes tentés par un séjour de quelques jours sur une autre île réputée pour ses sites de snorkeling (Cozumel) mais en même temps, le repos dont nous ressentons le besoin nous demanderait de ne pas quitter Isla Mujeres. Nous oscillons entre les deux, n’ayant à ce jour pas pris de décision.
Et quand je disais que les journées passent et se ressemblent sur Isla Mujeres, rien n’est moins vrai puisque nous terminons la journée dans ce qui deviendra notre restaurant fétiche sur l’île.
Si l’on en faisait un tableau, ça donnerait nous 4, les pieds dans le sable (si, si), avec le clapotis de l’eau, entourés de canots de pêche.
Et au menu, fruits de mer pour Franck, cocktail de crevettes pour Sarah et poisson (toujours pour les mêmes). Le tout agrémenté d’une margarita (enfin pour les plus de 30 ans). Que demander de plus !!!
Pour la toute première fois, nous ne rangeons pas nos brosses à dents dans la trousse comme à l’accoutumée. Elles trônent fièrement dans notre salle de bains tout confort. Nous avons en effet décidé l’espace de quelques jours de vivre relax en mettant entre parenthèses nos réflexes de routard. Crème solaire, casquette et maillots de bain sont désormais nos alliés préférés. Nous commençons à apprécier fortement notre nouvelle demeure. Notre chambre climatisée a vue sur la mer, le ménage est fait tous les jours, de l’eau potable est disponible à volonté, la piscine est agréable, le bar tentant. Bref, de vraies vacances comme on les aime. Et nous n’avons pas eu besoin de noud faire prier pour laisser de côté pantalons de routard et chaussures de randonnée.
Comme je suis aussi impatiente que les enfants de retrouver la mer, nous nous offrons un petit bain de mer rapide en attendant que Franck se réveille. Après le petit déjeuner pris à l’hôtel, nous partons, Adrien sur nos épaules, chercher des tongs pour le petit. Il bat largement le record de changements de chaussures et bien entendu, elles trouvent le moyen de rendre l’âme au moment où on en a le plus besoin.
Pendant l’heure de canicule intense, les enfants font leur carnet de voyage.
Le soir, nous craquons pour un restaurant de fruits de mer où Adrien et moi partageons un énorme poisson pendant que Sarah et Franck se gavent de fruits de mer. Quelque chose me dit que ce n’est pas ici, que nous ferons des économies.
Nous pensions laisser nos bagages à la gare routière mais les tarifs de la consigne sont tellement prohibitifs que nous y renonçons. Nous rebroussons alors chemin pour laisser nos sacs à l’auberge de jeunesse. Et contre toute attente, la réceptionniste qui nous paraissait si sympathique n’oublie pas de nous facturer grassement ce service. Il semblerait que le Business passe ici avant tout. Nous repartons plus léger vers la gare en accélérant le pas pour ne pas rater notre bus. Le contrôleur nous indique le mauvais bus et ce n’est que quand un jeune homme vient nous déloger que nous nous rendons compte que nous ne sommes pas installés dans le bon bus. Heureusement que le nôtre n’était pas encore parti !!
Nous nous laissons attendrir par le film qui est diffusé et c’est à regret que nous arrivons à Chichen Itza, ratant ainsi les 10 dernières minutes de Cindarella Man.
Nous n’avons jamais vu autant de monde sur un site archéologique. La proximité de Chichen Itza avec Cancun explique certainement la chose. Nous devons même faire la queue pour entrer sur le site et c’est munis d’un petit bracelet que nous pénétrons dans l’univers maya. En voyant la pyramide principale, nous restons bouche bée : c’est la réplique exacte des pyramides telle qu’on les imagine dans notre esprit. La pyramide (toujours la même) que l’on a pu voir dans nos livres d’enfant ou dans des films.
Nous n’en avons pas vu ailleurs mais là, à Chichen Itza, nous l’avons trouvée. Grandiose !! Elle est parfaite, dans ses proportions, dans sa stature. Mais il fait chaud, très chaud et nous ne sommes pas habitués à cette chaleur torride d’autant que le temps couvert est extrêmement lourd. Nous sommes obligés de faire une pause pour ne pas risquer un malaise. Nous sommes indignés par le prix d’une bouteille d’eau. Des prix pour américain riche, à coup sûr. Honteux quand on sait la chaleur terrible qui règne sur place.
Nous reprenons le même bus où nous sommes quasiment les seuls à bord. Nous sommes contents de visionner à nouveau le même film qu’à l’aller. Mais l’histoire se répète puisque nous arrivons avant la fin (malgré les embouteillages) et ratons une fois de plus le dénouement du film. C’est vraiment très agaçant !!
Il est tard lorsque nous arrivons à Cancun mais nous ne souhaitons pas dormir une nuit de plus ici. Nous sommes tous unanimes pour dire qu’il faut se rapprocher de la mer et s’y installer pour quelques jours de détente. Après d’innombrables discussions sur le choix de l’endroit, nous avons opté pour Isla Mujeres, du moins dans un premier temps. Etre sur une île nous tentait assez et l’on sait qu’elle est beaucoup moins touristique que la côte. Mais nous ne sommes pas certains d’avoir le temps d’attraper le dernier bateau. Pour gagner du temps, nous privilégions le taxi au bus et après avoir récupéré nos bagages à l’hôtel, filons vers l’embarcadère. C’est là que l’un de nous fait sa première chute en ayant son sac sur le dos. Pour trois fois moins, nous avons en général droit à des faux pleurnichements qui n’en finissent pas, mais là, rien du tout et pourtant la chute bien que légère, a du quand même lui faire mal. Nous prenons le sac de Sarah, le temps qu’elle se remette et hélons un taxi. En fait, il y a des départs de bateau tard dans la nuit et nous avons même le temps d’acheter à manger avant de monter à bord. Par contre, les lignes téléphoniques de l’île étant perturbées, il ne nous a pas été possible de réserver quoi que ce soit. Là, il faudra que la chance soit avec nous parce qu’il sera 21 heures lorsque nous arriverons. Après une heure de traversée, nos Mac Do engloutis, nous prenons un taxi en lui expliquant notre problème : nous n’avons pas encore d’hôtel. A ce moment, il ne se doute pas qu’il est parti pour une longue course en notre compagnie, allant d’un hôtel à l’autre. A la fin, j’ai bien cru que nous n’y arriverions pas. Entre les hôtels trop chers (parce qu’en plus on veut être près de la mer) et les hôtels délabrés (parce que pour une fois, on a envie d’un certain standing), nous passons un temps certain avant de trouver la perle rare. C’est notre chauffeur de taxi qui nous l’indique. Hôtel qui s’apparente à un trois étoiles, en face de la mer, avec une grande chambre climatisée pour nous 4. Nous nous débarrassons de nos sacs, enfilons maillot de bain et courrons à la mer pour une petite baignade nocturne : délicieux !!
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